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Oct 26, 2026

Transformation : et si l’enjeu n’était pas d’agir partout, mais aux bons endroits ?

écrit par Kristin Sax-Jansen

Un projet de transformation majeur. Une gouvernance structurée, une feuille de route claire, des experts techniques mobilisés et un calendrier posé.

Et pourtant, au cours de nos échanges avec l’équipe dirigeante d’un groupe international, une inquiétude émerge :

« Nous allons avancer et laisser une partie des équipes derrière nous. »

L’organisation communique pourtant sur le projet. Mais les questions restent peu nombreuses, les échanges limités. Derrière ce silence existent pourtant des interrogations bien réelles : évolution des métiers, nouvelles compétences à acquérir, nouveaux modes de fonctionnement, capacité de chacun à trouver sa place, voire à garder son emploi.

La dimension humaine des transformations n’est évidemment pas un sujet nouveau.

Mais si la vraie question n’était pas de savoir comment accompagner toute la transformation, mais où et quand agir pour permettre à l’ensemble d’avancer ?

Ne pas travailler toute la partition, tout le temps

Cette façon d’aborder un projet me vient notamment de la musique.

Lorsque l’on travaille une œuvre, on ne rejoue pas systématiquement toute la partition. On identifie un passage difficile, on l’isole, on le travaille. Certains pupitres d’instruments se réunissent lorsqu’un enchaînement exige une coordination particulière. Puis tout est progressivement réintégré dans l’ensemble.

Et parfois, ce qui résistait individuellement se débloque justement lorsque l’harmonie de l’orchestre vient le soutenir.

On concentre donc l’effort là où il est nécessaire, au moment où il est nécessaire.

C’est cette logique qui a notamment inspiré la méthode ROI© : Résonance – Orchestration – Impact.

Résonance : écouter avant d’agir

Une communication efficace ne suffit pas toujours à faire émerger ce qui se joue réellement autour d’un projet.

La première étape consiste donc à écouter et comprendre : quelles perceptions coexistent ? Où apparaissent les interrogations, les craintes, les résistances ? Quels signaux faibles n’émergent pas dans les échanges habituels ?

Cette phase permet de concentrer l’attention là où elle sera réellement utile, plutôt que de déployer les mêmes actions indistinctement auprès de tous.

Orchestration : un même rythme, des tempos différents

Un projet possède un rythme : des échéances et des contraintes opérationnelles, financières ou réglementaires qui s’imposent à l’organisation.

Mais un rythme commun ne signifie pas un tempo identique pour tous.

Selon les métiers, les équipes ou les contextes locaux, le temps nécessaire pour comprendre et intégrer le changement peut varier.

Les managers intermédiaires jouent ici un rôle essentiel. Entre les orientations du projet et leur réalité quotidienne, ils absorbent de nombreuses interrogations et frictions opérationnelles. Pourtant, ils sont encore trop rarement suffisamment préparés ou soutenus dans ce rôle.

L’enjeu n’est donc pas d’uniformiser, mais de permettre aux différentes parties de l’organisation d’avancer ensemble.

Impact : quand le projet commence à appartenir à tous

Pour produire de l’impact, une transformation doit aussi pouvoir être racontée.

Un narratif clair donne du sens, rassure et permet à chacun de comprendre comment contribuer. Les sponsors ont ici un rôle essentiel : incarner la vision et la rendre tangible.

Dans une organisation internationale, cela suppose également d’accepter qu’un même message ne résonne pas nécessairement de la même manière partout.

Ce qui est communiqué n’est pas toujours ce qui est reçu.

L’impact se construit progressivement lorsque les équipes ne considèrent plus la transformation uniquement comme « le projet » porté par quelques-uns, mais commencent à se l’approprier dans leur réalité quotidienne.

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Focaliser pour mieux transformer

Il ne s’agit évidemment pas de minimiser la complexité d’une transformation, ni d’en faire moins.

Il s’agit de regarder plus précisément où l’attention et l’accompagnement sont nécessaires, puis de laisser ces ajustements nourrir la dynamique globale.

Comme dans un orchestre, tout le monde n’a pas besoin de travailler tout, tout le temps.

Parfois, quelques passages travaillés au bon moment permettent à l’ensemble de retrouver son harmonie et d’avancer.

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